« L’Éclat des Marges »
La quête de l’instant fragile
Ma pratique photographique ne s’inscrit pas dans la capture du spectaculaire, mais dans celle de la trace. Qu’il s’agisse de la poussière d’une rue d’Agadez ou de la paillette qui s’efface au petit matin dans une loge toulousaine, je cherche ce qui survit au passage du temps. Mon travail est une tentative de fixer l’éphémère pour lui rendre sa dignité.
Le portrait comme miroir
Je conçois le portrait comme un acte de réciprocité. Au Niger, où j’ai vécu plus de huit années, j’ai appris que la lumière n’est rien sans le respect du sujet. Cette leçon guide aujourd’hui mon regard sur la scène Queer et Drag. Mon objectif n’est pas de « montrer » une curiosité, mais de révéler une présence. Je m’attache à saisir ce basculement où l’individu, par le costume, le maquillage ou la danse, accède à sa vérité la plus profonde.
L’esthétique du contraste
Le choix du Noir et Blanc est pour moi une nécessité organique. En évacuant la couleur, je cherche à sculpter les corps, à accentuer les tensions et à souligner l’universalité des émotions.
- Dans le Sahel, le noir et blanc dompte la violence du soleil pour en faire une matière plastique.
- Dans l’univers Drag, il dépouille le show de son artifice pour n’en garder que la dimension théâtrale et humaine.
L’Errance comme méthode
L’ »Errance » n’est pas un égarement, c’est une disponibilité. C’est accepter de se laisser surprendre par un reflet sur la Garonne ou par l’énergie brute d’une performance de cabaret. Mon travail est un pont jeté entre deux rives : celle d’une Afrique complexe et vibrante, et celle d’une Europe en pleine réinvention de ses identités.
« Je ne cherche pas à expliquer le monde, mais à témoigner de la manière dont les hommes et les femmes le réinventent chaque jour, par leur culture, leur corps et leur courage. »